Lettre d'informations - Février 2019

La photo du mois !

Une partie de notre équipe était en Afrique du Sud ces derniers jours.
Ci-dessus, Jean-Luc Soubie avec Eben Sadie dans ses vignes du Swartland !

Rencontre avec... Alfredo Maestro Tejero en Espagne !

Cela faisait plusieurs jours que Jean-Luc Soubie, accompagné de nos deux consultants -Olivier Poussier et Claude Gilois- sillonnaient les vignobles de la Ribera del Duero pour dénicher de nouveaux producteurs. Et c'est le 27 octobre dernier qu'ils se sont arrêtés à Peñafiel chez Alfredo Maestro Tejero, personnage sortant des sentiers battus.

Olivier Poussier, en repartant, partageait son impression : "une dégustation instructive avec Alfredo. Sa vision des vins de la Castille-León est très intéressante. Des vins libres mais pas déviants, des Tempranillo juteux et des Clarete, qui font partie de la culture de cette région, super digestes".

Vous avez un parcours peu banal. Vous vous êtes lancé dans l’aventure viticole il y a 20 ans et votre façon de travailler a complétement changé depuis. Que s’est-il passé ?

J'ai commencé à apprendre de façon autodidacte avec les livres d'œnologie et de viticulture moderne, c'est-à-dire l'agrochimie dans le vignoble et les produits chimiques dans l'élaboration du vin. Au fil des années, j'ai vu que les résultats n’étaient pas ceux que j’escomptais. Du coup, petit à petit, j’ai arrêté certaines pratiques qui allaient à l’encontre de mes valeurs. Les vins sont alors devenus plus en adéquation avec ce que j’attendais. J'avais le sentiment que mes terres se portaient mieux sans tous ces produits. Mes clients ont également perçu ce changement comme une amélioration. Finalement, j'ai fini par n'utiliser que du raisin pour faire des vins et des produits naturels pour soigner la vigne. Des plantes qui guérissent des plantes, sans trop m’en rendre compte, je pratiquais la biodynamie.

Assez rapidement, vous êtes sorti de l’aire d’appellation pour avoir plus de liberté et trouver des vignobles mieux exposés, aux sols variés, où vous pouviez cultiver divers cépages sans avoir les contraintes de la Ribera. Est-ce que aujourd’hui nous pouvons dire qu’Alfredo Maestro est un OVNI en Ribera del Duero ?

C'est amusant que vous utilisiez le mot car quand un de mes vins s'appelle El Marciano (le martien). Je ne sais pas vraiment si je suis un OVNI, mais je sais comment les vins sont fait dans la Ribera et je sais comment moi je les fais ! Je suis un vigneron qui fait des vins libres, francs, qui reflètent le terroir d’où ils viennent, et qui ont chaque année quelque chose de nouveau à raconter. Mais oui, je suis le "rarito" de la Ribera del Duero aux yeux de certains autres producteurs.

"Il est incohérent d’utiliser des produits toxiques alors que l’on peut travailler plus simplement avec ce que nous offre la terre et son environnement."

Vous élaborez des vins nature à partir de vignobles en agriculture biologique ou biodynamique. Comment cela se traduit-il dans votre manière de travailler ?

Nous n'ajoutons pas de produits chimiques à la terre, nous cherchons à aider la terre par des moyens traditionnels. Il faut qu’il y ait une réelle corrélation entre le sol, la vigne et son environnement. Aussi, nous labourons avec des chevaux. Nous essayons de faire du travail du sol un outil afin d'améliorer la vigueur et la performance de la plante. Tout ce processus est venu naturellement, par la logique des choses.

Vous prônez la diversité des cépages dans une appellation où le Tempranillo est roi. Quels sont les cépages qui vous surprennent et pourquoi ?

Il est pour moi important de retrouver le patrimoine génétique de l’appellation. C’est pour cela que je cultive l’Albillo Mayor, un cépage blanc de grande qualité, mais aussi le Grenache Gris.

Vous produisez un rosé issu d’une vigne plantée en 1936, élevé en barriques pendant 8 mois. Pouvez-vous nous présenter cette cuvée atypique ?

Mon idée était de retrouver le Clarete classique de la région de Cigales. Pour cela, j'ai déniché une parcelle de 5 hectares de vieux Tempranillo plantés en 1936, le reste étant de la Garnacha, du Jaén, du Moscatel, du Palomino Fino et du Verdejo. Les raisins sont vendangés tous ensemble lorsque le Tempranillo est mur. Fermenté en barrique, il est élevé 8 mois dans des foudres de châtaigniers. Le vin est appelé "Parcela de Sobrecasa". Nous en produisons environ 3000 bouteilles chaque année.

Nous proposons également deux cuvées en rouge ‘Almate’ et ‘A Dos Tiempos’. Qu’est qui les différencie, quelles sont leurs identités ?

"ALMATE" (ALfredo MAestro TEjero) est un vin 100% Tempranillo, sur le fruit, qui se boit dans sa jeunesse. Il provient de différentes parcelles de Ribera del Duero (sur les provinces de Segovia, Valladolid et Burgos) qui ont été récoltées à la main la première semaine d'octobre.

"A DOS TIEMPOS" est un assemblage de 50% Garnacha et 50% Tempranillo qui est élaboré dans la région de Madrid, à Navalcanero (670 mètres d’altitude). Il tire son nom de sa particularité : la récolte est faite à deux moments différents. Cela signifie que nous vendangeons une première moitié précocement pour obtenir un vin avec beaucoup d'acidité et très peu d'alcool. Et l'autre moitié de la récolte se fait lorsque les raisins sont à maturité complète, obtenant un vin avec très peu d'acidité, mais avec une grande maturité phénolique. Ensuite, les deux vins sont assemblés pour n'obtenir qu'un seul vin, frais, issu d'une zone chaude ! Cet assemblage est alors élevé 6 mois en fûts de chêne français de 500 litres.

En plus d'avoir référencé les vins d'Alfredo Maestro Tejero,
ce voyage en Ribera del Duero a permis de rentrer trois autres domaines :
Dominio de Aguila, Alonso del Yerro et Dominio de Es !

Une région, un cépage, un vin :
Le Sémillon 2017 de Matias Riccitelli en Patagonie !

Matías Riccitelli est né à Cafayate dans la province de Salta, une petite ville du nord de l’Argentine où l’on respire le vin. Voyageur et rêveur infatigable, il est considéré comme l'un des vignerons les plus doués de sa génération.

En plus d'être installé à Mendoza où il a forgé sa réputation avec ses Malbec, Matias cultive des cépages oubliés tel que le Bastardo, le Pedro-Ximenez ou le Sémillon en Patagonie, la région la plus sudiste du monde après celle de Central Otago en Nouvelle-Zélande. Ce sont de vieux vignobles situés le long du fleuve Rio Negro.

Surtout connu pour ses liquoreux produit à Sauternes, le Sémillon est ici vinifié en sec avec une véritable identité !

Les Semillons de Matias Riccitelli ont été plantés à la fin des années 60. Ils sont récoltés à la main, avec des rendements très faibles, puis 60% du moût est fermenté en barrique neutres, le reste allant dans des cuves bétons. L'élevage dure 8 mois dans ces mêmes contenants. Au final , ce sont seulement 3000 bouteilles qui sont produites par millésime (dont les 2/3 vendues en France cette année !).

Un bel exemple de ce que
le Sémillon peut produire
avec des vieilles vignes,
des rendements limités et
une vinification soignée !

A la dégustation, on retrouve un profil assez classique du Sémillon qui tire un peu sur l’astringence en entrée de bouche avec des arômes et des saveurs de cire d’abeille, de fenouil et de fleur blanche. Ce vin est rafraîchissant avec un beau volume de bouche et une finale harmonieuse.

Pour en savoir plus sur les vins
de Matias Riccitelli, cliquez ici

Tous les mois, un coup de coeur de notre gamme !

Birichino Mourvedre 2016 par... Cyril Coniglio

Elu Meilleur Caviste de France 2018, Cyril Coniglio a d'abord été sommelier, notamment chez Paul Bocuse. C'est en 2010 qu'il crée Rhône Magnum dans la Drôme. Sa cave comprend plus de 400 vins provenant d'une trentaine de pays. Il a choisi de déguster pour nous le Birichino produit en Californie à partir de Mourvèdre centenaire.

"Surprise quand le vin coule dans le verre. Ce Mourvedre est plutôt clair. Mais sa robe donne l'espoir d'un vin fin et délicat. Le nez exprime d'abord la pâte de fruit. Puis une touche animale. Après aération, les épices prennent le dessus et le fruit devient plus subtil. En revanche, aucune note de bois neuf ne vient perturber l'olfaction.

On a très envie de le poser sur les papilles. Et quand c'est fait, la première impression est suave et soyeuse. Puis le fruit et les épices jouent à titiller la rétro-nasale. Arrive le bouquet final qui caresse votre gorge avec ses tanins peu existants. Attention, ce vin est très digeste et un verre peut en cacher un autre !"

 

 

 

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